Le mois d’avril 2004 a vu paraître le premier numéro d’une nouvelle revue française d’histoire de l’art : Polia, Revue de l’art des jardins, revue bisannuelle consacrée aux jardins et à leur histoire. Créée à l’initiative de jeunes chercheurs (Marie-Hélène Bénetière, Antoine Gournay, Isabelle Levêque, Aurélia Rostaing et Frédéric Sichet) qui ont constitué le comité de rédaction et sollicité les compétences d'un comité scientifique composé d’éminents spécialistes (Yves-Marie Allain, Michel Baridon, Yves Cranga, Alix Audurier-Cros, Louis-Michel Nourry et Daniel Rabreau) chargé de donner son avis sur les orientations prises par la publication.

 Cette aventure est née d’un constat de manque. Après la sortie, en 2000, d’un numéro de la Revue de l’Art entièrement consacré aux jardins, il paraissait clair qu’un « potentiel » existait pour ce type de publication. Du côté des chercheurs, les attentes étaient également fortes : nombre d’études, de recherches documentaires ou de mémoires de diplômes de deuxième et troisième cycles consacrés aux jardins et au paysage demeuraient inédits. Le temps était donc venu de passer à l’action et de développer ce projet a priori un peu fou consistant à créer une revue française d’histoire des jardins telle qu’il en existait déjà chez nos voisins européens et aux États-Unis (Garden History, Gartenkunst, Topiara Helvetica, Tuinskunst, Studies in the History of Gardens and Designed Landscapes).

Le travail de cette petite équipe s’est organisé autour de deux axes : l’aspect scientifique et la mise en place « matérielle » du projet d’une part, l’organisation comptable et financière de la revue d’autre part.

Le contenu scientifique a été défini selon trois rubriques principales : études, documents et actualité auxquelles s’ajoutent un éditorial et des comptes-rendus sur les livres parus ou les expositions. Il a fallu ensuite imaginer la revue en tant qu’objet : format, périodicité, mise en place de la maquette, etc... Après avoir consulté plusieurs éditeurs, nous nous sommes résignés à être notre propre éditeur et nous avons choisi un imprimeur. L’étape finale a été la quête de lecteurs.

Dans le même temps, nous nous sommes attelés au statut de la revue, optant pour la création d’une association à but non lucratif qui allait être le « support juridique » de la publication.

S’est ensuite posée la question du financement, il nous a paru nécessaire de nous tourner vers un mécénat privé qui financerait le démarrage de notre projet, Jardiland nous a apporté une réponse positive.

Une fois toutes ces orientations définies, le projet étant viable d’un point de vue scientifique et financier, nous étions prêts à affronter toutes les phases éditoriales depuis les manuscrits jusqu’aux épreuves, la maquette ou la réalisation de la photogravure… sans oublier le travail de secrétariat, de comptabilité et de promotion, pris en charge bénévolement et entièrement en interne.

Le principal objectif que nous nous étions fixé était d’assurer une longévité à la publication et de pouvoir offrir une revue de qualité tout en équilibrant les comptes, ce que nous avons réussi à faire grâce à notre mécène, à la subvention du centre national du livre (CNL) mais surtout grâce aux lecteurs. En cinq ans, dix numéros ont vu le jour, soixante-douze auteurs ont contribué et cinquante-trois articles inédits ont été publiés.

Malheureusement, nous n’avons pu conserver ce rythme, les propositions d’articles devenant plus rares, le mécène n’ayant pas renouvelé son partenariat, le comité de rédaction ne réussissant pas à s’associer de nouvelles forces vives a préféré stopper la publication de Polia. Les numéros parus (sauf 1, 2 et 3 épuisés) sont toujours disponibles dans les librairies spécialisées et aux éditions Lieux-dits.